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FACULTE DE DROIT
 
 

Etudier le droit 

LEMONDE.FR | 15.02.11 | 17h40

QU'APPREND-ON EN FAC DE DROIT ?

Au fil des trois années de licence universitaire, les étudiants de droit se spécialisent peu à peu pour aborder autant le droit privé – droit civil, commercial, social, international – que le droit public – constitutionnel, administratif, fiscal… – ainsi que le droit pénal et les règles de procédure. Parallèlement, sont enseignées des matières comme les sciences politiques, l'histoire contemporaine ou les relations internationales.

Ensuite, tout se décide réellement en master, lorsque les étudiants doivent choisir entre des mentions en droit public, droit privé ou encore droit des affaires, elles-mêmes divisées en spécialités plus pointues. Certains opteront alors pour les instituts d'études judiciaires préparant aux concours (École nationale de la magistrature, avocat…), d'autres, pour un diplôme de juriste conseil en entreprise (DJCE).

 

 

DES "COLLÈGES DE DROIT"

 

 

Certaines grandes universités, comme Montpellier 1 ou Panthéon-Assas, à Paris, ont ouvert des "collèges de droit". Dûment sélectionnés, généralement parmi les bacheliers des séries générales titulaires de mentions "bien" ou "très bien", un petit nombre d'étudiants y suivent une licence renforcée avec des unités d'enseignement complémentaires. À l'université de Montpellier, ce cursus s'effectue dans le cadre d'un DU (diplôme d'université).

 

CAPA OU ENM ?

 

Si en théorie une première année de master validée suffit pour postuler à l'ENM (École nationale de la magistrature) ou dans un centre régional de formation professionnelle d'avocat (CRFPA) menant au certificat d'aptitude à la profession d'avocat (Capa), la majorité des étudiants se présentent après l'obtention d'un master complet. Avec 80 places par an ouvertes aux étudiants – contre 192 en 2005! –, l'ENM est plus que jamais réservée aux meilleurs.
Un parcours en institut d'études politiques (IEP) peut représenter un atout pour préparer le concours de l'ENM. "Si les étudiants passés par Sciences Po ont, grâce à leur méthodologie, l'avantage pour l'épreuve de culture générale du concours de l'ENM basée sur une note de synthèse, indique Olivier Joullin, vice-président du tribunal de grande instance (TGI)de Bordeaux et membre du conseil d'administration de l'ENM, le renforcement de la présence du droit pénal impose d'avoir étudié le droit sous un aspect technique, comme à l'université."

 

LE DROIT, VERSION COURTE

On peut aussi devenir juriste en 2 ans. Le DUT carrières juridiques propose ainsi, à côté des disciplines juridiques, des matières telles que la comptabilité ou l'informatique et s'achève par un stage long propice à l'insertion professionnelle. Signalons également le tout récent BTS notariat – créé en 2008 –, qui forme des assistants et collaborateurs de notaires. Des licences professionnelles se développent également, avec des spécialisations comme activités juridiques, métiers du notariat, à l'université de Caen. Enfin, on peut reprendre des études de droit sans avoir le bac, en passant une capacité en droit.

 

FAITES DES STAGES !

Pendant son cursus de droit, il est important d'effectuer dès que possible des stages en entreprise et en administration. Ils permettent en effet d'identifier ses affinités avec une voie plutôt qu'une autre: magistrat, greffier, avocat, notaire, huissier, juriste d'entreprise et toute la palette des métiers de la fonction publique accessibles après des études de droit… "La profession d'avocat est très médiatisée, mais finalement assez peu connue, explique le président de la commission formation du Conseil national des barreaux, Jean-François Leca. Il n'y a pas que le procès au pénal… De nombreux marchés se développent pour les avocats en droit de la santé, de l'environnement, de l'urbanisme."

 

ANGLAIS ET CULTURE GÉNÉRALE

Une bonne maîtrise de l'anglais est essentielle, tant pour tenter le concours de l'École nationale de la magistrature que pour une carrière d'avocat d'affaires, et plus encore pour être juriste d'entreprise. "Le juriste d'entreprise est immergé dans le milieu des affaires, désormais international. La grande majorité des échanges avec les directions internationales ou les “business units” sont en anglais. Un stage à l'étranger ou un cursus complémentaire à l'international est quasi indispensable pour animer ou suivre une réunion professionnelle en anglais ", rappelle Anne-Laure Paulet, secrétaire générale de l'Association française des juristes d'entreprise.

Enfin, quel que soit le parcours visé, il est primordial de développer au fil de ses études sa propre culture générale du droit. "Il faut lire les articles de presse en se demandant à chaque fois quelles sont les conséquences en droit des évolutions, par exemple en matière d'homoparentalité ou d'adoption, explique Olivier Joullin. La compétence naît d'une réflexion profonde associée à des connaissances techniques."

Barbara Pasquier

Sciences po' (Paris) a obtenu le droit de préparer officiellement à un double diplôme IEP Paris + master de droit, et offre un cursus préparatoire à l'Ecole nationale de la magistrature

Le collège d'Assas a été créé à la rentrée de 2008. Il s'agit d'un "premier cycle renforcé" réservé aux meilleurs élèves admis à Paris 2 ("Université Panthéon-Assas"). Il fonctionne comme une sorte de "bi licence" droit/éco. Effectifs contingentés (sélection à l'entrée) donc limités. Super encadrement. Typique de la tendance croissante de nombre d'universités à mettre en place, en premier cycle, des cursus sélectifs réservés à une poignée de très bons élèves (les "bi licences par exemple).

 

Juristes d'entreprises : www.afje.org/ et www.ecla.org/ (ce deuxième site est très tournée vers les carrières du droit international des

affaires)

Avocats : www.cnb.avocat.FR

Justice (approche très généraliste) : www.village.justice.com/Magistrature : www.conseil-superieur-magistrature.fr et l'Ecole nationale de ma magistrature : www.enm.justice.fr/ Notariat : www.cfpnp.com/Commissaire priseur : www.conseilsdesventes.fr/ Huissier de justice : www.huissier-justice.frAdministrateurs et mandataires judiciaires : www.aspaj.fr

 

Un site sur les formations (courtes ou longues) du secteur droit :

www.letudiant.fr/etudes/fac/colleges-et-ecoles-de-droit-banc-d-essai-14565/les-colleges-et-ecoles-de-droit-mode-d-emploi-15958.html

 

La fac sans le bac, c'est possible

LE MONDE |

Par Nathalie Brafman

Quelques voies méconnues permettent aux élèves ayant quitté le système scolaire de rejoindre un cursus "normal", comme le diplôme d'accès aux études universitaires ou la capacité en droit. | AFP/FREDERICK FLORIN

Evidemment, il est toujours préférable d'être bachelier pour poursuivre ses études. Néanmoins, sans le bac, les portes de l'enseignement supérieur ne sont pas totalement fermées.

Julia Abdou, 26 ans, passe en deuxième année de licence (L2) de droit à Paris-X-Nanterre. Elle n'a jamais eu le bac. Et pour cause : elle a arrêté ses études à la fin du collège. "J'étais plutôt une bonne élève mais l'adolescence a tout gâché", dit-elle pudiquement. Des parents musiciens et la voilà engagée dans la petite entreprise familiale. Elle suit un peu plus tard une formation de technicienne de plateau dans une école privée d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Au bout de quatre années, elle plaque tout. "Je voulais faire du droit. En tout cas essayer. Je ne voulais pas avoir de regrets", se souvient-elle.

La jeune fille, qui n'avait jamais mis les pieds au lycée, se retrouve sur les bancs de l'université, inscrite en première année de capacité en droit. Ce diplôme en deux ans permet ensuite de rattraper un cursus "normal".

"REFROIDIS PAR LEUR PASSAGE SUR LES BANCS DE L'ÉCOLE"

La capacité en droit demeure néanmoins peu connue. Sophie Rozez, maître de conférences en droit privé et directrice de ce cursus à Paris-X-Nanterre, a réalisé une étude sur cette formation. Un constat : sur le plan national, un net infléchissement du nombre des étudiants a eu lieu au cours des années 2000. "En 2002, nous comptions 5 039 étudiants inscrits dans les 48 universités qui proposent cette formation, contre 8 215 en 1997, indique-t-elle. Pour mieux la faire connaître, un blog a été créé, ainsi que des journées portes ouvertes."

L'université enregistre à nouveau une augmentation de ses effectifs : de moins d'une centaine d'inscriptions en 2010, à 226 en 2011. Le public est beaucoup plus jeune qu'avant, 90 % ont moins de 30 ans. "Ils sont sans le bac, ou l'ont eu ric-rac. En général, ils ont eu des parcours chaotiques. Et tous ont été refroidis par leur passage sur les bancs de l'école."

Si la capacité en droit permet de renouer avec les études, elle a aussi le mérite de proposer un enseignement pratique. "Nous ne faisons pas de grands discours. On leur propose du droit public, privé, de la famille, concurrentiel, constitutionnel... et très vite, ils étudient des cas pratiques. On part de l'expérience pour remonter vers la théorie", explique Sophie Rozez. C'est ce qui a plu à Julia qui se voit avocate ou juriste plus tard.

Evidemment, il faut travailler. Manifestement, les résultats sont bons, même si le public s'avère très "volatil" en première année. "Nous avons un meilleur taux de réussite sur le diplôme qu'en première année de licence : 54,84 % contre 47 %. Toutefois, en première année, au bout d'un mois, seule une centaine vient encore en cours, 60-70 passent l'examen, et la moitié réussit", assure Sophie Rozez.

"DÈS LA 2DE, J'AI COMPRIS QUE J'ÉTAIS HORS SYSTÈME... "

Cette année, sur 45 étudiants en deuxième année, 10 sont passés en L1 et 10 y passeront en septembre. Les débouchés sont multiples : la capacité en droit permet de se présenter aux concours administratifs (greffier, gardien de la paix...), de travailler dans le privé (professions juridiques et judiciaires...). Elle permet aussi l'accession à certains IUT, BTS et aux écoles notariales.

Officiellement, aucun texte ne dit qu'il faut impérativement avoir un baccalauréat pour faire un BTS tourisme, comptabilité, secrétariat, vente... ou un DUT. Le niveau de terminale devrait être suffisant. La réalité est tout autre. Hormis les écoles privées hors contrat, rares sont les établissements qui intègrent des non-bacheliers. "C'est tout à fait exceptionnel, confirme ainsi Emilie Teychene, directrice adjointe de Grand Sud Formation, école de tourisme. Il y a un entretien préalable et il faut que le dossier scolaire soit bon. Nous avons une soixantaine d'élèves en BTS Tourisme et il peut nous arriver d'accueillir un élève non-bachelier par an mais ce n'est pas systématique." Coût de ce BTS : 4 200 euros par an. L'établissement propose aussi un diplôme d'animateur tourisme loisirs (3 000 euros pour six mois de formation), sorte de GO au Club Med. Le recrutement ne se fait pas sur le niveau scolaire mais sur les aptitudes artistiques.

Un profil, c'est un peu ce que présentait Alexandra Pétiard. Elle non plus n'a jamais eu le bac. "Dès la 2de, j'ai compris que j'étais hors système... " Elle claque la porte du lycée, suit ses cours à distance et passe son bac. Une fois. Deux fois. Sans succès. La jeune fille est prise en main par sa soeur. "Elle m'a inscrite à la fac pour passer le DAEU [diplôme d'accès aux études universitaires], que j'ai obtenu, ce qui m'a permis d'accéder à l'université". Après des études de linguistique, elle est devenue formatrice en français langue étrangère (FLE).

LE DAEU, UNE SORTE DE REMISE À NIVEAU

Diplôme national équivalent au bac, le DAEU est en réalité une sorte de remise à niveau. Il s'adresse à tous ceux qui n'ont pas le bac et qui souhaitent s'engager dans des études universitaires. Il en existe deux : l'un à dominante littéraire et juridique, l'autre plutôt scientifique. Seules conditions : avoir 20 ans et pouvoir certifier de deux années d'activité professionnelle, ou 24 ans et avoir interrompu ses études depuis deux ans.

Thomas Le Berre a lui aussi connu une scolarité chaotique. Comme Alexandra, il a raté son bac deux fois. De petit boulot en petit boulot, il a fini par "prendre confiance en [lui-même] et par mûrir". A 27 ans, il a décidé de reprendre ses études. Aujourd'hui, il est en quatrième année de médecine à l'université de Marseille. "Après avoir obtenu le DAEU en 2008 à Aix, j'ai pu m'inscrire à la faculté de médecine où j'ai réussi le concours de première année."

Nathalie Brafman

 
 
 

Le droit fait rêver mais pas toujours réussir

LE MONDE |

Par Isabelle Rey-Lefebvre

 

En 2009, seuls 40% des élèves de L1 en droit sont passés directement en L2.
En 2009, seuls 40% des élèves de L1 en droit sont passés directement en L2. | Cour des comptes - Infographie Le Monde

Rien ne va plus avec les études de droit. L'échec en première année est à la hauteur de l'engouement pour cette filière aux débouchés parfois incertains.

Sur 1,4 millions d'étudiants d'université, 15 % sont inscrits en droit. Une filière où seulement quatre étudiants sur dix passent en deuxième année et où seuls 35 % sont cadres deux ans après avoir décroché leur master.

Même la Cour des comptes a scruté le sujet. Dans un référé publié le 11 septembre 2012, les magistrats estiment que le passage du cap des 200 000 étudiants s'est fait sans que "le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche ait pris des mesures pour faire face à ce déséquilibre entre offre et demande". Conséquence : l'échec massif d'étudiants, toujours attirés par cette discipline inabordée au lycée et qui renvoie à l'image du métier de juge ou de celui d'avocat.

Les effectifs ont flambé de 10,5 % entre 2005 et 2009, quand le nombre d'enseignants ne progressait que de 6,5 %. Le problème est particulièrement aigu en région parisienne où le quart des inscrits en première année d'université l'est en droit. Cette rentrée, 930 bacheliers candidats qui n'avaient pas trouvé de place rejoindront des amphis surchargés, le rectorat ayant finalement imposé aux facs franciliennes de les accueillir.

Cet afflux fait chuter le taux d'encadrement qui oscille entre 10,6 et 28,3 enseignants pour 1 000 étudiants, quand il est en moyenne de 36,7 toutes filières confondues. Le budget consacré à la formation de chaque futur juriste est donc 2 à 6 fois inférieur à celui d'un autre étudiant. A Paris-Ouest-Nanterre, par exemple, l'UFR de droit dispose de 248 euros par étudiant, contre 877 euros en économie ou en activité physique et sportive.

40 % des étudiants passent en deuxième année, 35 % redoublent, 22 % s'évanouissent dans la nature et 2,5 % se réorientent à l'université.

Les magistrats de la Cour des Comptes constatent tout de même que les taux de réussite s'améliorent de deux à trois points depuis 2007, avec la mise en place de dispositifs d'accompagnement. Plusieurs universités, comme Paris-Panthéon-Assas, proposent ainsi un parcours renforcé et des mises à niveau qui améliorent significativement les résultats.

DÉBOUCHÉS INCERTAINS

En revanche, les auteurs du rapport restent assez pessimistes sur l'insertion professionnelle de ces diplômés. Selon une enquête de l'Agence pour l'emploi des cadres (APEC), 65 % des titulaires d'un master étaient cadres deux ans après leur sortie de l'université, mais seulement 35 % des juristes. Les enquêtes du Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Céreq) ont elles aussi mesuré que l'insertion professionnelle des diplômés en droit est inférieure à la moyenne, qu'il s'arrêtent après une licence ou un master.

Selon l'Insee, les métiers du droit comptent entre 100 000 et 145 000 personnes. Difficile dans ces conditions pour les 20 700 diplômés de master et les 800 docteurs de trouver des débouchés. "Ces chiffres sont pessimistes. Nos propres enquêtes montrent que nos diplômés s'insèrent très bien, à plus de 80 %", nuance pourtant Louis Vogel, président de la conférence des présidents d'universités, ancien président de Paris-Panthéon-Assas. "Aux métiers du droit s'ajoutent les débouchés de la fonction publique, pondère Matthieu Conan, directeur de l'UFR de droit de Nanterre. Plus de 20 % des diplômés du master droit public réussissent les concours de la catégorie A de la fonction publique ."

Au-delà des chiffres, ce rapport pointe - comme beaucoup d'autres avant lui - l'inadéquation des études de droit aux besoins des entreprises, des futurs employeurs, mais aussi des étudiants. "Cela fait longtemps que l'on sait qu'il faudrait des enseignements plus généralistes les trois premières années, pour permettre aux étudiants de choisir une spécialisation plus progressive et plus professionnelle, propose Emmanuel Zemmour, président du syndicat étudiant UNEF. Or je constate que le monde du droit reste fermé sur lui-même, avec des mandarins à la vision malthusienne et sélective des cursus", s'insurge-t-il. L'autre syndicat étudiant, la FAGE, émet un point de vue assez proche. "Il faut offrir partout en France des formations professionnalisantes, avec stages, études de cas, et des enseignants en contact avec le monde du travail", estime Allan Rochette, chargé des sciences sociales et par ailleurs doctorant en droit à Avignon.

Pour le directeur de l'UFR de droit de Nanterre "il faut sortir de la caricature. Nos formations sont professionalisantes. Depuis 25 ans, nous offrons des cursus droit et langue ou économie et droit. Nous n'arrêtons pas d'innover. En 2011, nous avons ouvert un diplôme de droit international."

Lire Les cursus sélectifs et payants se multiplient.

Isabelle Rey-Lefebvre

 
 

Droit : trop de masters de complaisance

 
La bibliothèque flambant neuve de la faculté de droit Paris 2, Panthéon-Assas

Patrick Morvan est professeur agrégé et enseigne le droit à la prestigieuse fac de Panthéon-Assas ou Paris 2. Il tient un blog au ton assez corrosif et écrit tout net ce que beaucoup n'osent pas dire. "Les facs de droit qui ont le monopole pour délivrer ces diplômes et qui voient arriver les étudiants sans effort sont restées un peu sur leurs acquis, sans rénover leurs enseignements", admet Patrick Morvan qui, a travers son blog, tente d'aider ses étudiants à s'orienter.

Il s'adresse notamment aux "survivants" (c'est son expression) qui ont su résister à quatre années de droit (L3+M1) et doivent se faire accepter à un master 2. Car, par une facétie administrative ou plutôt par héritage de l'ancienne organisation des études de droit avec une maîtrise en quatre ans, l'entrée en Master 2 est sélective alors qu'elle ne l'est pas en master 1 ! Avant cette quatrième année , il n'y a théoriquement pas de sélection sauf écrémage naturel... Il est donc impératif de bien choisir son master 2 et d'y être accepté.

L'embarras du choix d'un master 2

Or, il y a selon Patrick Morvan, nombre de masters qui sont inutiles car ils n'offrent aucun débouché, comme le droit des zones côtières, le droit humanitaire, droit du sport, droit de l'enfant, droit de l'art, ce qui plaît beaucoup aux étudiants mais moins aux employeurs. Nanterre propose par exemple 28 Masters 2 de droit et Assas une soixantaine.

Certains masters n'ont que très peu d'étudiants. Patrick Morvan en a d'ailleurs fait l'expérience comme il le reconnaît lui même : "J’ai moi-même eu le privilège de donner deux heures de cours hebdomadaire (un service de professeur ou de maître de conférences d’université compte 128 heures par an, soit 5 à 6 heures par semaine) à trois étudiants d’un séminaire de DEA d’une grande université régionale qui ne possédaient pas les connaissances de première année.J’ai eu, cette année là, le sentiment de toucher le fond (je volais l'Etat) et appris que ce sentiment était partagé par de nombreux collègues, en droit privé comme en droit public."

Un gaspillage qui perdure

Ces masters ont souvent été taillés sur mesure pour un professeur qui regroupe toute ses heures sur quelques jours dans l'année ce qui lui permet d'être très peu présent pour ses étudiants, parfois très peu nombreux.

Le problème est que ces masters consomment des ressources, notamment des heures d'enseignants alors qu'il manque cruellement d'encadrement pour les effectifs pléthoriques des premières années. Peu de directeurs d'UFR ou de présidents d'université sont capables de supprimer ces masters inutiles : "Celaserait considéré comme une agression", conclut M. Morvan.

L'autonomie ne résout donc pas tout.

Isabelle Rey-Lefebvre